Tryptique+remember Yorktown / réddition / Cheesapeake

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2 novembre 2012

La tragédie de Benghazi : « le gang qui ne pouvait pas tirer droit ».

La tragédie de Benghazi : « le gang qui ne pouvait pas tirer droit[1] ».


Les révélations récentes du General Petraeus, le DCI [Directeur de la CIA], concernant le fait que la CIA voulait prendre sur elle le blâme consécutif aux assassinats non nécessaires survenus à Benghazi, sont à la fois perturbantes mais aussi éclairantes.
Je n’écris pas ce blog pour exonérer Petraeus, pas plus que pour accuser quiconque en particulier de meurtre (comme j’ai pu le faire à d’autres occasions dans mes blogs). Mais cher lecteur, vous en savez probablement davantage concernant le minutage et les détails de cette tragédie de Benghazi que moi-même (pour l’instant du moins), mais je veux vous parler de quelque chose de plus important que cela.
Je veux m’adresser à vous concernant le fait que notre système de sécurité nationale tout entier est complètement dysfonctionnel (un thème récurrent dans mes prises de position).

Je peux blâmer les Président Obama et Bush Jr. (comme la plupart d’entre vous savent que j’aime blâmer), ou même ma bête noire* de compagnie, la Secrétaire d’État [SecState] Hillary Clinton.  Mais ceci ne nous avancerait pas beaucoup pour essayer de comprendre quelque chose qui est de loin plus important pour notre sécurité nationale, que ces acteurs individuels dans ce drame tragique.
L’enjeu clé, pour moi, qui devrait vous concerner, chers lecteurs, c’est que nos différentes institutions : Militaire, Renseignement, Département d’État, Département [Ministère] de la Défense [DOD], FBI, Bureau du DNI [Director Of National Intelligence], sont devenus totalement dysfonctionnelles et pour le dire assez franchement : complètement obsolètes et inadaptés.
Qu’est-ce que j’entends réellement par là ?

Une des raisons pour lesquelles, avec Tom Clancy, nous avons pensé à écrire la série des livres psycho-politiques Op Center il y a plus de 20 ans de cela, était de démontrer en fiction ce qu’il se passait réellement dans le monde réel.
Durant la Guerre Froide, nous avions un adversaire clair et nous savions comment l’approcher, à la fois en termes de stratégie et de tactiques. Nous avons fait usage d’une combinaison d’actions sous couverture réussies, initiées par ce qui était à cette époque un réseau très professionnel et dévoué d’opérationnels et/ou d’officiers de carrières, issus de la CIA comme du Renseignement militaire.
Aujourd’hui, nous devons à faire face à un état des affaires bien plus compliqué, constitué de crises partout dans le monde, naissant à volonté dans des endroits dont nous ne pourrions même pas parler.
Ce que l’on appelle la guerre contre le terrorisme [war on terrorism], a distordu les priorités de notre Renseignement et de notre outil militaire. Bien sûr, je peux porter le blâme sur le 11 septembre et les suspects les plus faciles/évidents/usuels [usual suspects], mais c’est de l’histoire passée, et soyez assurés que la situation présente n’accorde aucune indulgence pour le passé.
Pourtant, les exigences pesant sur nos officiers de renseignement, qui se trouvent à la fois en extrême sous-effectif mais dans le même temps mal entraînés (ceci étant également vrai pour nos professionnels du Département d’État et nos militaires), ont engendré un fardeau financier majeur pour notre pays, parallèlement à notre dette allant croissant. Résultat : une position de déclin en tant que superpuissance, et un gaspillage de ressources confinant à l’obscénité.

Contrairement à certains conservateurs, qui voudraient bien porter le blâme sur d’autres institutions ou administrations [Présidents précédents] concernant ce désastre de Benghazi, le vrai problème est, comme Pogo le disait autrefois (suis-je en train de jouer au vieux de la Vieille ici?) : nous-mêmes.

Qu’est-ce que je veux dire par là ? Comment pouvons-nous, citoyens, être en faute pour quelque chose avec quoi nous n’avons rien à voir ?
C’est très simple. Durant les 30 dernières années, en remontant jusqu’aux années Reagan, nous, Américains, avons eu [laissé se développer] un réel problème au sein de notre État, de la CIA, du FBI et de nos militaires.
            Par conséquent, chacune de ces agences a développé leur propre “agenda secret“ si bien que de ce fait, personne, pas même [
George P.] Shultz, [William J.] Casey ou [James A.] Baker, pas plus que les Reagan, Bush Sr., et [Bill] Clinton, n’a eu réellement d’idées claires sur qui faisait quoi.
Dès lors, en absence d’une stratégie géopolitique claire tandis que naissaient des crises internationales, et du fait de l’éviscération passée causée par le licenciement massif par Carter de 4000 opérationnels en matière de Renseignement Humain (ROHUM [HUMINT]), notre appareil de sécurité nationale à travaillé, pour le dire de façon basique, de façon “ad hoc, selon une logique de “pompiers“[2]
Ma présence au sein de différentes Administrations, en tant que “singleton /électron libre“ ou DAS [Députy Assistant Secretary of State : Assistant Sous-secrétaire d’État], me permet de témoigner en connaissance de cause du fait que 90 % de notre Sécurité Nationale étaient devenue un “processus [sous-entendu : “routinier“] et “non objectif [=subjectif et/ou “non-orienté sur des objectifs (clairs)“]. Ceci fut mon objet de préoccupation majeur en tant qu’opérationnel du Renseignement et diplomate. Et j’étais simplement moi-même un microcosme du problème, parce que contrairement aux autres vrais professionnels qui étaient restés à l’intérieur du système, je disposais du “luxe“ de pouvoir “rentrer et sortir à volonté [going in and out]“ du Système.

Donc : pourquoi suis-je moi-même devenu l’emblème de ce problème de sécurité nationale ?
Parce qu’aussi loin que je puisse m’en souvenir, il y a toujours eu des tensions inhérentes au sein des différents Départements [Ministères] du Gouvernement, en tant que dynamique naturelle de différentes personnalités ou politiques se trouvant en compétition, et surtout conséquence d’un manque majeur de transparence, de coopération et de responsabilité. Ces trois derniers mots sont faciles à déclarer, mais bien plus difficile à mettre en œuvre. Je ne crois pas avoir jamais rencontré un professionnel de la sécurité nationale, qui de son plein gré rentra dans une branche particulière de l’appareil de sécurité nationale, avec l’intention spécifique de “faire foirer quelque chose“.
Mais c’est plutôt comme chez Hollywood (où j’ai par ailleurs été un Producteur Exécutif de mini-séries de quatre heures pour la télévision), où je n’ai jamais rencontré un responsable exécutif du film qui avait l’intention de faire un mauvais film. Mais le fait est que le résultat était et demeure, que des mauvais films existent en abondance.
[La même chose] En matière de sécurité nationale, [signifie que] nous faisons face à un problème bien plus sérieux :

Pour être plus clair : la CIA actuelle, qui est menée par un Petraeus par ailleurs extrêmement talentueux (qui a tout un historique de compétence, d’initiative, de créativité et de défiance face aux erreurs d’appréciation des civils), n’est pas une organisation réellement professionnelle mais plutôt une “institution de sous-traitance“, qui compte lourdement sur le recrutement d’anciens membres des Forces Spéciales, à l’instar des braves anciens membres des SEAL [Glen] Dougherty et [Tyrone] Woods[3] [tués à Benghazi], ainsi que d’autres opérationnels de la CIA sur le terrain. En fait, ces deux braves anciens soldats étaient techniquement des “contractuels [contractors]“ : plus prosaïquement des “flingues loués.
  

Et voilà ce qui constitue le vrai problème de la CIA :
Elle n’est plus composée de personnels nés et élevés en dehors du noyau du Renseignement et de la subtilité des affaires de l’État [State craft], qui constitue une science en soi. Mais depuis des décennies, la CIA a sous-traité ses personnels auprès de firmes (privées) comme Blackwater [aujourd’hui Academi], L3 CommunicationsSAIC, Mitre Corporation, et bien d’autres “Bandits en Périphérie [Beltway Bandits][4]
Ce que cela signifie réellement, c’est que nous, en tant que Nation, n’avons plus réellement besoin une organisation appelée la CIA, qui requiert sans cesse tous les types de “couverture diplomatique“ (comme celles que j’ai eues à créer durant 30 ans), et passant son temps à mettre en difficulté les autres personnels basés à l’étranger.

La solution est assez simple. Tout d’abord : éliminer la CIA. Nous n’en avons pas besoin. Nous n’en avons pas eu réellement besoin durant ces 30 dernières années. Et au lieu de cela, il s’agit de restituer les obligations relevant des opérations militaires sous couverture à l’une des 16 autres agences secrètes du Pentagone (DIA [Defense Intelligence Agency], NGA [National Geospatial-Intelligence Agency], etc…). Pour faire court, il s’agit d’éliminer la sous-traitance civile du renseignement humain sous couverture, en faveur d’un contrôle militaire complet, par lequel nous obtiendrions plus de responsabilités et de légitimité[5].

Ma seconde recommandation consiste à éliminer le seul programme que le Congrès a mis en place afin d’intégrer les opérations de renseignement après le 11 septembre 2001 : à savoir le Directeur du Renseignement National (DRN [Director Of National Intelligence – DNI])
Car s’il ne devait y avoir qu’un exemple, la tragédie de Benghazi a illustré le manque d’une coordination consistante entre le Département d’État, les Officiers de Sécurité Régionaux [Regional Security Officers] et la CIA. Or le DNI ajoute juste à la confusion dans les enjeux de responsabilités d’intégration. Il est coûteux et ne constitue qu’un obstacle à plus de coordination fluide.

Troisièmement, le Département d’État est en train de devenir aussi obsolète que la CIA. À un moment, quand les distances étaient trop lointaines pour le Président des États-Unis, lorsqu’il voulait communiquer avec un autre dirigeant du monde, il y a quelques 50 ans de cela ou plus, alors nous avions en effet besoin “d’Ambassadeurs“, afin de “représenter personnellement les intérêts du Président“. Mais à présent avec l’internet, des téléconférences, la communication cybernétique et tous les autres types de réunions virtuelles innovantes, nous n’avons plus besoin de 9.000 personnes à l’étranger, avec encore une fois des milliers d’autres “cocontractants [contractor]“ protégeant ces 9.000 employés non essentiels et hautement barricadés[6].
En tant que DAS, j’ai appris que les diplomates professionnels qui étudient un domaine particulier sont importants mais pas essentiels. En témoignent les trois derniers Secrétaires d’État [Hillary, Condi, Albright: toutes trois ont volé autour du monde, ne se qualifiant pour rien de plus innovant que de parcourir des millions de kms, ainsi que de toucher des bonus.
En d’autres mots, la position de Secrétaire d’État est devenue de moins en moins pertinent au XXIe siècle. Il n’y a plus besoin de “toucher la chair“ d’un autre dirigeant étranger.
D’autant plus, j’ai toujours été perplexe sinon confus, quant au fait que des avocats étaient regardés comme particulièrement qualifiés pour être secrétaires d’État, lorsqu’en fait la plupart des problèmes internationaux était gouvernée par des particularités nationales : des problèmes de nature tribaux, politiques et psychologiques.
Peut-être qu’il ne s’agit pas d’un accident, les traités majeurs que ce pays a initié, impliquaient pour partie, mon apport psychologique et politique[7] :
·         Le traité entre Israël et l’Égypte sous Carter [les Accords de Camp David]
·         Le changement de régime et de contrôle des armes stratégiques vis-à-vis de l’Union soviétique, sous Reagan.
 
En fait, le Secrétaire d’État Baker a gouverné les 9000 personnes du Département d’État, en premier lieu par l’entremise d’un économiste politique talentueux nommé Robert Zoellick, qui devint ensuite Président de la Banque Mondiale
Donc, aujourd’hui moins de gens peuvent accomplir davantage qu’un système tout entier, et le font réellement (jetez juste un œil à ce qu’il s’est passé dans nos grosses firmes privées durant les dernières décennies : consolidation, réduction de taille, etc… du fait notamment de la TECHNOLOGIE)
Je ne suis pas narcissique au point de penser que je suis essentiel à n’importe quel traité ou tout autre réussite en matière de sécurité nationale. Mais je suis assez réaliste concernant 30 années bizarres : je n’ai cessé de me plaindre concernant la formation des Officiers du Service Diplomatique (OSD [FSO][8]) du Département d’État, qui ont été particulièrement mal dirigés vers des domaines et des expertises concernant la maîtrise des langues, mais avec trop peu d’entraînement en matière de négociation interculturelle, ou d’étude des caractères nationaux[9].
Dès lors, à mon humble opinion, nous avons besoin de moins d’OSD, mais d’affecter les plus professionnels d’entre eux afin de régir le Département d’État, comme par exemple l’Ambassador Thomas Pickering, incroyablement accompli, qui mène à présent les investigations au sujet de Benghazi, de même que son collaborateur [side kick], le Sous-Secrétaire [Under Secretary] Patrick Kennedy, qui connaît davantage au sujet de la gestion administrative que tous les consultants McKinsey et Bain pris ensemble...

Le dernier point, le plus sérieux, et ceci concerne tous les Présidents des États-Unis :  Pour la plus grande partie, les citoyens américains doivent comprendre qu’un Président est très limité dans ses capacités de faire autre chose que de créer une guerre.
Laissez-moi répéter ceci : un POTUS ne peut faire que très peu de choses au niveau domestique, qu’il soit Républicain, Démocrate ou Indépendant. Les contraintes du programme domestique qui pèsent sur eux sont si grandes, que la seule chose à faire pour eux afin d’entrer dans le panthéon de l’Histoire, est de créer une nouvelle guerre.
Le plus souvent, les guerres sont initiées et maintenues de façon COUVERTE [wars are initiated and maintained COVERTLY]. Cela ne signifie que personne n’a rien à connaître au sujet de ces guerres couvertes, où qu’elles puissent se dérouler : au Moyen-Orient, en Afrique, en Asie, etc…
Et c’est là que le Congrès et les citoyens américains qui les élisent, doivent entrer dans le processus pour dire stop à ces guerres sous couverture
  


Personnellement, je ne crois pas les membres des Comités du Renseignement au Congrès [Congressional Intelligence Committees[10]] : ils sont faciles à persuader de ce que dans les affaires, nous appelons une “découverte [finding]“, permettant à la CIA ou à tout autre organisation civile ou militaire “vérolée [cloaked], de s’engager dans des actions couvertes.

En dernier lieu mais non le moindre : la Maison-Blanche doit faire le ménage dans ses “enfants de chœur“, à tous les niveaux. Plus il y aura d’opérationnel sous couverture qui travaillent en tant qu’“Assistant du Président“, et plus nous aurons toujours davantage de guerres et de problèmes. Nous avons besoin de transparence et d’une réduction drastique (voire d’une élimination pure) des accréditations de “ sécurité top secret“ [top secret security clearances”] !!! Nous avons 800.000 contractants nantis de ces accréditations de “ sécurité top secret“ !!! Vous pouvez seulement imaginer de quels maux ils sont capables…

En dernier point, prêtons une grande attention aux mots de ce qui fut certainement l’un de nos plus grands généraux et Présidents, Dwight David Eisenhower, qui nous avait averti des « dangers du complexe militaro-industriel », mais nous avait aussi averti concernant un Allen Dulles sans garde-fous, qui était alors le DCI, pointant le fait que « votre CIA créerait alors une Légende de Cendres [Legacy of Ashes] traversant l’histoire américaine »


Qu’est-ce qui fit que Eisenhower était un grand Président ?
Il nous a littéralement tiré à en dehors d’une guerre de Corée ratée, initiée par Truman, et refusa d’entrer dans une autre guerre, du Vietnam… qui fut malheureusement initiée plus tard par JFK et LBJ.


Amérique ! Le temps est venu de maigrir, d’équilibrer et de réduire en taille [slim, trim, downsize] non systèmes de sécurités nationaux, de nous débarrasser nous-mêmes de la CIA, d’intégrer le Renseignement militaire, et de rendre tout ceci souple et apte à l’âge cybernétique.
Finalement, ceci nous conduirait à restructurer également le Département d’État, le faire revenir à des diplomates professionnels expérimentés/senior, d’éliminer les “contractors“ et d’augmenter les investigations sénatoriales, en particulier celles de type “Levin et Grassley[11]. 

Et dites au Président : « plus de nouvelles guerres ! », que cela soit ouvertement ou bien sous couverture.

Notre plus gros problème de sécurité nationale, a été et demeurera notre dette nationale croissante[12]. Commençons donc le processus de couper dans les services diplomatiques, militaires et de renseignement inefficace, redondants et dispendieux en pure perte... Nous avons bien d’autres façons de mieux dépenser notre argent à l’ère du cybernétique.




[1] « The Gang Who Could Not Shoot Straight » : film américain de James Goldstone sorti en 1971.
[2] NDT : band aid approach“ : une approche consistant à mettre des pansements partout où nécessaire.

[3] Voir les articles Wikipédia (anglais uniquement) : « 2012 Benghazi attack » et « American fatalities and injuries of the 2012 Benghazi attack », également : « Who was Glen Doherty? Details emerge on former SEAL's final actions in Benghazi » (Fox News, 26 juillet 2013).

[4]Bandits de/en Périphérie [Beltway Bandits]“ : se dit des firmes qui réalisent un large pourcentage de leur chiffre d'affaires en tant que cocontractant auprès du gouvernement fédéral. S'ensuit tout un développement potentiellement sans limite, fait de cooptation et de népotisme, générant des contrats prodigieusement lucratifs. Ils entraînent le grossissement sans fin non pas uniquement du Complexe Militaro-Industriel (CMI [MILIC : Military-Industrial Complex]), mais également de nombreux services connexes et annexes… Le secteur privé ayant alors intérêt à ce que l'État dépense toujours plus tout en étant toujours moins efficace, afin justement d'avoir de nouvelles prestations à proposer…
Voir notamment le documentaire “Why We Fight“ (Eugène Jarecki, 2005), également le film
Syriana.

[5] NDT : solution tout à fait radicale ici, qui à partir d'un constat certainement très juste, déboucherait sur une situation extrême. La comparaison avec la situation institutionnelle britannique est utile (un Renseignement dépendant du Ministère des Affaires étrangères, un Renseignement militaire dépendant du ministère de la Défense, et un Renseignement intérieur dépend du Ministère de l'Intérieur).
Il faut aussi certainement comprendre à travers les mots de Pieczenik ici, une lutte d'influence entre les militaires d'une part, les civils à l'intérieur de l'institution d'autre part, mais aussi avec les civils à l'extérieur de l'institution : c'est-à-dire les cocontractants privés. que l'on appelle globalement le Complexe Militaro-Industriel (bénéficiant des juteux contrats du Pentagone (surtout depuis le 11 septembre 2000). Mais il faut aussi comprendre ici l’existence et les tentations d’une influence (lobbying) indue d’un certain nombre d'opérateurs “autres“, réalisant certains pans du travail de renseignement en sous-traitance, avec toutes les possibilités de fuite et d'appauvrissement des compétences affaiblissant l'expertise réelle du Renseignement américain dans son ensemble.
Des suites de plusieurs scandales associés à la firme BlackWater (ex : Falloujah, 2004), ou d'autres scandales ayant même grossièrement éclaboussé la crédibilité de l'Armée américaine (Abu Graïb), naquit une opposition franche en coulisse entre Robert Gates (Secrétaire à la Défense de 2006 à 2011, ancien directeur de la CIA de 1991 à 1993) et le Président Obama nouvellement élu (2008), à l’encontre de l'extension du pouvoir des Sociétés Militaires Privées (SMP). Il faut donc envisager et bien comprendre ici une défiance à notre avis tout à fait légitime, de la part des militaires à l’encontre de tout un réseau d’incompétences civiles et privées débouchant sur des guerres, que les mêmes militaires doivent terminer comme ils le peuvent malgré des pertes inévitables.
D'où un point de vue en apparence extrémiste qui semble transparaître ici : la tentation d'une table rase (supprimer la CIA) afin que les militaires ne laissent plus la CIA (alliée à d'autres co-cocontractants privés) déclencher des guerres inopportunes.

[6] NDT : là encore, un point de vue qui semble extrémiste, mais qui est tempéré plus loin.

[7] Rappel : le Dr. Pieczenik est Médecin et Psychiatre.

[8] Sur les OSD, voir : « Vendredi 21 septembre 2012 : un jour de honte » (CVR, 21 septembre 2012).

[9] L'ancien agent de la CIA Robert Baer disait en substance la même chose, et a laissé un étonnant témoignage de la perte progressive de l'expertise de la CIA en renseignement humain (« La Chute de la CIA », éd. JC-Lattès, 2002).

[10] NDT : Celui de la Chambre des Représentants : « United States House Permanent Select Committee on Intelligence » ; et celui du Sénat : «  United States Senate Select Committee on Intelligence ».

[11] Sen. Carl Levin, D-Mich., et Sen. Chuck Grassley, R-Iowa. Voir notamment : « Grassley, Levin Hail Effort to Increase Corporate Transparency » (Site officiel du Sénateur Carl Levin, 19 mars 2014).
[12] Sur les vraies causes de la dette nationale, lire Anthony Sutton : “Le complot de la Réserve Fédérale” (1995 – Editions francophone Nouvelle Terre, 2009).

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