De Prince héritier à Prince héritier !
Le Président “Prince héritier“ de la
Chine Xi Jinping, rencontre le POTUS Donald Trump via le “Prince héritier“ américain Jared Kushner!
Un article de NYT intitulé « la
Chine apprend comment obtenir l’oreille de Trump : par l’entremise de Jared
Kushner [China Learns How To Get Trump’s Ear:
Through Jared Kushner] »,
écrit par Mark Landler (4/2/17), décrit avec précision la réunion à venir entre
le Président chinois Xi Jinping, et le POTUS [Président des États-Unis] Trump
devant se tenir à Mar-a-Lago, Floride.
L’article met en lumière de façon
intentionnelle le phénomène par lequel le représentant de l’empire du Milieu
(la RPC -République Populaire de Chine), franchit de longues distances pour
rencontrer son homologue, le POTUS de la Superpuissance américaine. Il manque
cependant dans cet article la description une
dynamique psychologique importante qui joue dans cette rencontre imminente.
La plus importante dynamique et que
le Prince héritier chinois, le
Président Xi Jinping, est le fils
d’une personnalité majeure de la Révolution Communiste chinoise, qui fut menée
par Mao Tsé Toung. De son côté, le Prince héritier américain, Jared Kushner, le riche et indépendant
gendre du POTUS Trump, a arrangé cette réunion importante avec l’aide de
l’Ambassadeur de Chine aux États-Unis, Cui Tianki.
Premièrement : la réunion a donc été mise en place en coulisses, par le
biais d’arrière-canaux de communication, obviant le besoin de passer par le Secrétaire d’État
Rex Tillerson ou son Assistant-secrétaire
d’État pour les Affaires Pacifiques et Asiatiques [Assistant Secretary for the Pacific and Asian Affairs].
Deuxièmement, ce qui rend cette dynamique unique si importante, c’est
qu’elle est basée sur un ancien concept
chinois pour les transactions personnelles appelé “Xuangi [ou “Xuanyi“ : “confort“,
pronouncer kwane-chi]“.
En effet, durant les années passées,
le Gouvernement chinois par
l’entremise d’un banquier “coupe-circuit"[1] a en effet été intimement impliqué dans le
financement et le refinancement des propriétés massives de Kushner à NYC. Ce type de relation intime est extrêmement
valable à une époque où la diplomatie virtuelle a pris le pas sur le besoin
d’ambassadeur et d’ambassade à l’étranger.
Car ces derniers temps, les
relations stratégiques entre la Chine et les États-Unis ont été un peu
branlantes, depuis les tensions survenues au sujet des îles Spartley (que
j’avais d’ailleurs décrite dans ma nouvelle :
“Pax Pacifica”).
Clairement, les problèmes surviennent si la question se pose, de savoir si Jared
[Kushner] ou Ivanka [Trump] compromettent leurs standards éthiques en
s’engageant dans ce type de diplomatie personnelle, « De
Prince héritier à Prince héritier ! ».
Pourtant je dirais que quelles que soient les considérations éthiques qui
pourraient se poser en ce sens, elles demeurent secondaire face au fait que
le Président Xi et son entourage financier, se sentent “confortables“ et en confiance lorsqu’ils traitent avec le
beau-père de Kushner, le POTUS Donald Trump.
Les Chinois savent qu’ils peuvent se fier aux mots de Kushner et/ou de son
beau-père, parce qu’ils ont traité depuis des décennies avec la famille Kushner,
de même qu’avec Trump. Les
Chinois vont tenter d’utiliser ce levier dans leurs relations personnelles
[avec Kushner et Trump] pour servir leur bénéfice collectif. Et je prends le parti que le POTUS va faire la même chose. Mais
cette fois, il va ajouter un facteur majeur [par rapport aux relations passées,
de nature avant tout commerciales] : [il va traiter selon] ce qui sera le mieux pour les intérêts des États-Unis.
Je crois que le POTUS a davantage à gagner en étant le représentant de
notre USG [Gouvernement US], formant des initiatives tactiques et stratégiques qui
sont les meilleurs pour ce pays [les États-Unis]. Cette approche non égoïste [dans laquelle Trump n’est qu’un
représentant, presqu’un représentant “de
commerce“], est littéralement un atout pour servir ses gains personnels[2], en
ce sens qu’il veut que l’histoire se souvienne de lui comme le plus grand POTUS
à la fois du 20e et XXIe siècle.
Un écueil serait possible : un
Prince héritier pourrait refuser à
l’autre Prince héritier son avantage tactique ou stratégique. Pourtant, dans le cas de cet axiome chinois déclaré,
“gagnant-gagnant“, ils sont l’un
comme l’autre davantage intéressés par davantage d’investissements américains
en Chine, et vice versa.
Concurremment à cette réunion, les
Américains sont le témoin du début de la
fin de la bureaucratie boursouflée du Département d’État avec ses 20 000
employés (dont la moitié n’ont rien à faire en termes de travail). Dans le
monde binaire d’Internet et de Skype, nous avons en effet beaucoup moins besoin
de personnels à l’étranger.
L’Administration Trump apporte ainsi une nouvelle dynamique
psycho-politique, dans laquelle la compréhension des personnalités
individuelles va s’avérer cruciale. Subséquemment, les excès de la politique et de ses
bureaucrates vont devenir de moins en moins pertinents.
Et il est temps de réaliser des coupes
sombres dans le Gouvernement fédéral, le plus vite possible ![3]
Le grand diplomate britannique,
Benjamin Disraeli, a un jour dit :
« Un précédent embaume un principe [A precedent embalms a principle] »[4].
[1] “cut-out“ : en matière de renseignement, un « coupe-circuit » est un
dispositif (personne ou mécanisme) s'interposant comme un maillon
supplémentaire dans une chaîne de communication, afin d'éviter par exemple le
contact direct entre deux individus (protection des identités et cloisonnement donc
sécurité des réseaux). Il est possible que Pieczenik exagère un peu l'idée ici,
ou pas, comprenant tout cas que ce banquier chinois n'est pas directement connecté au Gouvernement chinois,
mais dont on peut envisager certaines connexions avérées [sinon Pieczenik n'utiliserait
pas le terme] avec le Gouvernement chinois.
[2] NDT :
« That non-selfish approach literally Trumps his
personal gains ». :
Jeu
de mot avec le nom Trump et le verbe « to
trump » [jouer un atout].
[3] NDT : pour comprendre ce qui est
sous-tendu ici par le raisonnement de Pieczenik, il faut comprendre une lutte
intérieure de longue date au sein des institutions américaines, voir
notamment : « La
tragédie de Benghazi : « le gang qui ne pouvait pas tirer droit » (CVR, 2
novembre 2012).
[4] NDT :
comprendre : « Il suffit d’un précédent [un cas de diplomatie parallèle] pour remettre en
cause un principe initial [l’exclusivité du Département d’Etat sur les
relations diplomatiques]».